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« L’ouverture vers d’autres équipes, entités ou métiers à l’intérieur de l’entreprise est devenue nécessaire pour innover plus vite et plus souvent ».
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Julie Fabbri est diplômée de ESCP Europe et titulaire d’un Master Recherche en Gestion et Dynamique des Organisations de l’Université Paris X Nanterre. Actuellement en doctorat au Centre de Recherche en Gestion de l’Ecole Polytechnique, elle s’intéresse à la dimension spatiale des organisations et étudie le cas des espaces de coworking pour entrepreneurs innovants. Depuis 2011, elle est également Secrétaire Générale de l’Institut pour l’Innovation et la Compétitivité i7, think tank académique de ESCP Europe.


SOKOA: Quelle influence l’environnement de travail a-t-il sur l’efficacité de tout un chacun ?
L’environnement physique et social de travail peut contribuer au bien-être des salariés au travail, constituer un facteur de motivation et un facilitateur de communication, comme se révéler un catalyseur d’innovation.
L’organisation scientifique du travail accorde une attention particulière à la façon dont les espaces de travail sont conçus et gérés afin d’en améliorer la productivité et l’efficacité. Optimisation, contrôle, surveillance sont les maîtres mots de cette conception de l’espace façonnant les comportements des travailleurs. Or, si l’espace de travail peut contribuer à l’efficacité et la productivité de ses occupants, il peut également favoriser leur créativité, innovation et apprentissage.


SOKOA : Quels sont les avantages des nouveaux espaces dit « conviviaux de partage informel » qui se développent actuellement au sein de certaines entreprises ?
Dans la conception selon laquelle l’espace de travail est un produit social qui produit dans le même temps des relations sociales, la conception spatiale et le comportement social sont interdépendants. Ce qui est important est de chercher à comprendre comment les travailleurs font sens de leur environnement de travail. Ces espaces ont la caractéristique d’être flexibles et modulaires. La possibilité d’aménager les espaces de travail en fonction de ses besoins et de la nature des interactions souhaitées ou des activités de travail (concentration vs échange ; isolement vs réunion…) reste encore une ressource rare dans la plupart des entreprises. Ils sont particulièrement adaptés à des modes de collaboration collectifs et participatifs. Ces lieux sont parfois détournés pour organiser des sessions de créativité ou de résolution de problèmes, pour faire avancer des projets…
Ces nouveaux espaces de travail capitalisent sur cette nouvelle conception de l’espace organisationnel pour stimuler des interactions interpersonnelles et s’adapter aux nouvelles façons de concevoir le travail, notamment à l’ère numérique. Ces espaces permettent de produire et diffuser les connaissances au sein des organisations.


SOKOA : Les chefs d’entreprises actuels sont-ils réellement conscients de l’enjeu de tels changements dans notre façon de travailler et de se réunir ?
Travailler dans un environnement fermé et cloisonné est sérieusement remis en cause aujourd’hui. L’ouverture vers d’autres équipes, entités ou métiers à l’intérieur de l’entreprise, comme la collaboration avec des partenaires externes (fournisseurs, clients et même concurrents), sont devenues nécessaires pour innover plus vite et plus souvent. L’essor des espaces collaboratifs de travail comme les espaces de coworking, les fablabs, etc. témoigne de la fin du modèle du « secret » et rendent de plus en plus poreuses les frontières des organisations. La prise de conscience et le soutien du top management sont essentiels pour conduire de tels changements culturels et stratégiques dans les entreprises.


SOKOA : Quels sont les indicateurs qui permettent de mesurer les bienfaits de ces nouveaux espaces ?Il est toujours difficile de mesurer l’intangible et d’en isoler les effets… La plupart des patrons se disent encore insatisfaits par exemple des indicateurs mis en place pour mesure leur capacité d’innovation ! Ces nouveaux espaces participent assurément d’un changement de culture organisationnelle et caractérisent d’une certaine façon le paradigme de l’innovation ouverte.

SOKOA: Merci !

09.02.2015